Les petits plaisirs de Laetitia​

IMG_5501Parfois on les perd de vue, pense Laetitia, qu’ils sont là, et surtout qu’ils pourraient ne pas y être. C’est une pensée de bon matin, entre des draps et des yeux fermés. Elle vient d’un rêve doux et se réveille doucement, et une partie de cette douceur vient dès la cuisine, avec l’arome du café qui est en train de se faire, ou encore mieux, que Louis est en train de faire. Un petit luxe, presque quotidien, un plaisir bien à la main, qu’il faut savourer. C’est vrai qu’elle n’aime pas se lever tôt, mais se reveiller de cette manière fait commencer un meilleur jour. L’odeur du café est une appel de son enfance, qui revient avec l’image de papa et ses mains fortes, en tenant la tasse dont il sort l’arôme confortable, mystérieux, interdit. L’air parfumé de café est encore chez elle, un endroit ou se  sentir rassurée. Laetitia, les yeux déjà ouverts, sort une jambe hors de la protection de la couette, pour vérifier si l’ambiant est hostile, café appart, ou peut être pour s’adapter coup par coup. Mais l’appartement est préparé pour la recevoir. Les rideaux sont courus, et la fenêtre lumineuse, l’air est tiède, la caléfaction est allumée depuis au moins une heure, et elle a une serviette au dessus. Louis a tout prévu. Mais, pourquoi? Ce n’est pas son anniversaire, nos plus leur. Laetitia regarde le calendrier avant d’aller à la cuisine, ou son petit ami grille le pain. Rien qu’elle puisse se rappeler. Sans armes, Laetitia, rentre à la cuisine tout en essayant de ne pas faire du bruit, mais est Louis qui la surprend en bougent ses bras vers arrière jusqu’à trouver la ceinture d’elle au dépourvu, et tourner son corps pour rester a cinq centimètres se ses lèvres, a cinq secondes de son baiser. Peut être est-il le plus universel des petits plaisirs de la vie, l’union matinale de ses lèvres et ceux de Louis. Peut être sa voix en disent ces mots, qui de temps en temps arrivent.

Rien au monde comme s’éveiller à côté de toi.

Le café est sur la table un quart plus tard, et le jeu aussi. Laetitia choisis le premier plaisir, connu par lui, comme une manière de lui remercier. S’éveiller à l’odeur de café. Louis répond, celui du mariage du bois et du feu. Elle dit, le ciel bleu sur la fenêtre, et lui, un soir d’été. D’été et de vendredi, ajoute-t-elle, au bord de la mer, demande lui, à la plage de Collioure. Les macarons de fraise d’elle, contre conduire sur la route avec le soleil au dos de lui, et plus tard les plaisirs plus éclectiques, le vin de Moselle, la symphonie du Nouveau Monde, le sushi, la cathédral de Chartres, les ciels de Sisley, la prochaine année, la guitare, jusqu’à Kundera, qui est un plaisir en commun. Tes gémissements les plus aigus, dit il, tes yeux, les plus fermés, dit elle. Le silence qui suive ne signifie pas qu’ils ont achevé les plaisirs, mais les mots. Elle pense à espionner dans la vie des autres à travers des lettres, mais ne le dit pas. Louis prenne la main de Laetitia, qui regarde l’horloge du mur, fait un petit calcul et pense pourquoi pas, il est aussi un plaisir, et parfois pas si fréquent qu’elle voudrait. 

     


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